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20 octobre 2012, INAUGURATION du DOMAINE du BARON

  • Publié : 24 octobre 2012
  • Mis à jour : 9 octobre 2017

Qui mieux que Georges VULLIEZ pouvait résumer les projets et actions engagés en faveur du Lac et du site du domaine du Baron de l’Espée.

Voici donc dans son intégralité son allocution prononcée lors de l’ Inauguration du Domaine du Baron - (samedi 20 octobre 2012).

M. Denis BOUCHER, Conseiller Général ; Mme Jacqueline GARIN, Présidente de la Communauté de Communes de la Vallée d’Aulps ; Mme et M. les Maires, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Pour l’inauguration des nouveaux bâtiments du Domaine du Baron, Monsieur le Maire de Montriond m’a demandé de vous faire un exposé relatant les projets que nous avions, il y a 23 ans, et les travaux réalisés pour aménager le lac et ses abords.

Début avril 1989, le jour de mon élection comme maire de Montriond, je fis à la sortie de la mairie une courte allocution aux personnes présentes et j’indiquais que l’une des priorités de ce mandat serait de colmater les fuites du lac de Montriond et d’aménager ses abords. Montriond s’appelait alors souvent Montriond le Lac, mais, dès le début de l’été, les eaux du lac baissaient progressivement d’environ 11 m et sa surface et son volume étaient alors fortement réduits.

Pour atteindre le lac, il était alors nécessaire de patauger dans de la boue, au grand plaisir peut-être des enfants, mais certainement pas des parents.

Quelque temps après, avec les deux premiers adjoints, nous nous rendîmes au bord du lac pour examiner ce qui pourrait être fait pour assurer son étanchéité et nous avons défini alors la hauteur qu’aurait le lac après travaux : c’est le niveau actuel du lac.

Examinons tout d’abord les travaux réalisés pour obtenir le lac tel que nous pouvons l’observer aujourd’hui. En effet, tout ce qui nous entoure ici s’inscrit autour du lac, pièce maîtresse de ce grandiose paysage.

Le lac résulte d’un important éboulement, plusieurs centaines de milliers de mètres cubes en provenance de Nantaux, qui se produisit avant 1550, comme l’atteste une analyse au carbone 14 d’un morceau de bois récupéré dans les sédiments du lac.

Nous n’avons retrouvé aucune trace de la formation du lac, dans les différentes archives de la vallée.

Dès la fin du printemps 1989, je demandais à Alfred Lavanchy, employé communal aujourd’hui disparu, de se munir d’une bombe de peinture et d’examiner chaque jour la rive aval du lac pour rechercher les fuites qui apparaîtraient et de marquer ces emplacements avec une touche de peinture.

À l’automne, nous pûmes dénombrer qu’il y avait plus de 1000 emplacements de fuite sur une surface d’environ 15 000 m².

Les fuites les plus importantes apparaissaient au pied de deux énormes rochers, qui avait déjà fait l’objet, vers 1900, par le Baron de l’Espée, d’un colmatage rudimentaire à l’aide d’un barrage de planches de bois et vraisemblablement de glaise, mais cet essai n’avait pas été concluant.

En 1989, l’ensemble des fuites représentait 3 m³ par seconde lorsque le lac était plein, soit 260 000 m³ par jour ce qui est considérable.

À l’automne 1989, et pendant que le lac était à un niveau bas, nous avons prélevé quelques centaines de mètres cubes de limon en amont du lac et nous avons constaté que, si en surface, il s’agissait de terre de très bonne qualité, en creusant de plusieurs mètres, on atteignait des couches de glaise parfaitement imperméables.

Nous recherchâmes un matériau plastique soudable, de grande dimension et très résistant. Nous trouvâmes alors chez un fabricant allemand des rouleaux de polyéthylène de 3,5 mm d’épaisseur, de 100 m de long et de 10 m de large. Ce produit avait déjà été utilisé en Italie pour réaliser d’immenses cuves de stockage pour des produits polluants. Nous en commandâmes pour couvrir une surface de 15 000 m².

À l’automne suivant, c’est-à-dire en 1990, nous prélevâmes environ 30 000 m³ de glaise dans la partie haute du lac que nous stockâmes à l’emplacement de la baignade actuelle. La maçonnerie du déversoir fut réalisée et des tuyaux d’évacuation de 1,5 m de diamètre furent posés sur une longueur d’environ 200 m, passant sous un nouveau pont remplaçant l’ancien. Ces tuyaux furent enterrés sur l’emplacement du déversoir du lac et ils permettent d’évacuer l’eau du lac.

Un avaloir en métal, que l’on aperçoit sur le barrage et qui fait corps avec la maçonnerie, fut posé. À gauche du déversoir fut placée une vanne permettant de baisser d’environ 1 m le niveau du lac afin de permettre ultérieurement d’effectuer des travaux, principalement dans la partie amont du lac, par exemple pour enlever les matériaux qui continuent de se déposer, en particulier lors de fortes pluies.

Les travaux débutèrent à la fin de l’été 1991. Il fallut tout d’abord installer trois grosses pompes, permettant d’abaisser de façon significative le niveau du lac et de faire face à d’éventuels orages. Les tuyaux mis en place l’année précédente permirent d’évacuer l’eau.

La société SOCCO que nous avions choisie pour l’ensemble des travaux commença par niveler les surfaces à étanchéifier, puis elle étendit une première couche de glaise de 20 cm d’épaisseur. Ensuite, les 15 000 m² de plastique furent mis en place et soudés par la société allemande.

Ce fut un travail très minutieux, toutes les parties amonts du plastique furent ancrées dans le chemin qui borde le lac et l’extrémité du plastique sous l’eau fut maintenue dans la glaise avec une centaine de plots de béton, placés dans le plastique rabattu et soudé.

Sur les 15 000 m2 de plastique furent ensuite déposées, pour le protéger, deux couches croisées de glaise de 20 centimètres d’épaisseur chacune.

En prévision de la forte fréquentation à venir de touristes et d’habitants de la vallée, il fut créé 2 parkings supplémentaires. Le premier sur l’espace qu’occupait l’ancien déversoir naturel du
lac (d’une capacité de 50 places), le second a été créé à l’intérieur des bois, pour 20 places, en retrait par rapport à l’accès aval du lac.

Les travaux pour réaliser la baignade furent alors entrepris, mais, au mois de mai suivant, un éboulement se produisit au-dessus de la baignade et de gros rochers roulèrent jusqu’à elle. Nous avons alors dû revoir l’emplacement de la baignade en l’éloignant de la rive et, avec l’aide du RTM (services de l’État pour la Restauration des Terrains en Montagne), il fut construit un très important merlon pour piéger tous les blocs en provenance de la falaise.

Il faut noter que les matériaux qui constituent la partie émergée de la baignade actuelle proviennent de l’agrandissement du parking d’Ardent qui fut alors entrepris. La baignade fut aménagée, avec petite cascade alimentée par une pompe électrique, plages de sable fin pour les petits-enfants et le reste de la baignade ceinturées par un enrochement. Un chalet fut construit pour abriter les surveillants de baignade et installer des toilettes.

Quelques mois après, un important glissement de terrain d’environ 20 000 m3 se produisit en amont du lac et recouvrit la route départementale jusqu’au bord du lac.

Ce sont ces matériaux qui servirent à réaliser, en la surélevant, la plate-forme gazonnée qui existe depuis, entre l’extrémité du lac et la forêt. La rive du lac fut enrochée, permettant ainsi d’accueillir de nombreuses personnes dans un endroit agréable, qui était au préalable très vaseux.

En 1989, la commune était propriétaire de toute la partie droite du lac, en regardant vers l’amont, mais toute la partie gauche était privée. La commune a progressivement acquis les terrains situés entre la route départementale et le bord du lac, ce qui a permis l’aménagement de l’ensemble du sentier de randonnées, d’une longueur de 3 km.

Pour permettre aux personnes qui utilisent le sentier de randonnées de rester à un niveau constant, il fut construit un pont qui enjambe la Dranse en provenance des Lindarets. Ainsi fut aménagé l’ensemble de ce sentier qui ceinture maintenant le lac de Montriond et qui permet, l’hiver, la pratique aisée du ski de fond.

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Parlons maintenant de l’espace sur lequel nous nous trouvons et que nous inaugurons aujourd’hui.

En 1896, le Baron de l’Espée, riche héritier des familles de Wendel, avait fait construire sur ce terrain un chalet, assez spacieux et moderne pour l’époque.

Une petite centrale électrique alimentée par une source, dont le baron avait obtenu de la commune un bail de 50 ans, fournissait l’énergie nécessaire à l’éclairage des bâtiments et au fonctionnement d’un orgue électrique.

Très bien situé au bord du lac, cette demeure n’était utilisable que l’été et elle était très humide, car dépourvu de chauffage ; compte tenu de l’état de santé du baron, il ne l’utilisa que pendant quelques années.

La propriété fut vendue au début du siècle dernier à des hôteliers suisses qui l’exploitèrent jusqu’en 1939.

Après la guerre, la société Pernod l’acheta et le transforma pour y accueillir l’été les enfants de son personnel.

Au fil du temps, les enfants du personnel de la société Pernod furent de moins en moins nombreux et fin 1992, connaissant ces difficultés, la municipalité décida d’engager des pourparlers pour acquérir les bâtiments et le terrain.

Ce ne fut que fin 1994 que la commune de Montriond en devint propriétaire. Nous donnâmes à cette propriété le nom de Domaine du Baron, en hommage, 100 ans après, à un homme visionnaire qui sut apprécier et donner vie à ce site exceptionnel.

Le but de la municipalité était de remplacer les bâtiments anciens par un ensemble moderne capable d’accueillir en priorité les associations de la commune et de la vallée, ainsi que les particuliers, pour des concerts, banquets, repas de famille, etc. Le cadre dans lequel se situait cette construction est en effet exceptionnel.

Cette mise à disposition du domaine pour la population de la commune et de la vallée fut immédiate, en particulier pour des mariages et pour des réunions d’associations. Chaque année, les anciens bâtiments de ce domaine ont permis d’accueillir les personnes âgées et les invités de la commune, pour les annuels feux du lac de Montriond.

Mais, pendant près de deux mandats, le projet de construction d’une salle polyvalente fut mis malheureusement en veilleuse et il fallut attendre la municipalité élue en 2008 pour relancer le projet et aboutir à la magnifique réalisation que nous avons sous les yeux.

J’estime que les objectifs, que s’était fixés la municipalité de Montriond en 1989, de réaliser un site touristique de première grandeur ont été atteints. La réalisation de ce magnifique ensemble, de son agencement, très bien conçue avec ses salles adaptables en fonction de la demande et ouverte à tous, de son bar et de sa cuisine moderne, et qui sera complétée, dans quelques mois, par une base de loisirs, s’inscrit parfaitement dans le projet initial d’aménagement du lac.

L’ensemble des espaces extérieurs a été intelligemment revu, avec suppression de quelques arbres qui gênaient la vue et avec des plantations en harmonie avec le site.

Nul doute que le domaine du baron sera un havre de paix, principalement pour les habitants de la commune.

Il y a trois mois, cette grande salle polyvalente a permis de nous faire assister à l’interprétation du requiem de Mozart et nous avons pu ainsi constater combien une construction de ce genre pouvait apporter à la qualité de vie et à la culture des habitants de cette vallée.

À mon avis, il ne reste, pour terminer l’aménagement de l’ensemble du lac, qu’à réaliser un petit parc qui était prévu en amont du lac. Environ 50 % des terrains ont déjà été, soit acquis, soit échangés, entre 1989 et 1995. Il faut rappeler que ces terrains sont et seront toujours inconstructibles et qu’un aménagement peu onéreux en parc de loisirs et de détente est facilement réalisable.

L’ensemble concerné comporte de grands arbres magnifiques, d’imposants blocs de rocher et des surfaces aptes à accueillir des tables et des bancs. De ce parc, la vue sur le lac, sur la falaise à gauche et sur l’ensemble du Roc d’enfer sera merveilleuse.

C’est très certainement avec l’accord des membres du Conseil municipal de l’époque que je félicite très vivement le maire Georges Lagrange, ainsi que l’ensemble de son Conseil municipal et des employés de la commune, pour cette réalisation qui s’inscrit parfaitement dans les objectifs initiés il y a près de 23 ans.


La journée d’inauguration en images